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Être mère avec une endométriose


J'ai eu la chance de tomber enceinte naturellement à l'âge de 37 ans.

Ça a été un véritable tsunami dans ma vie car au delà du fait que cette grossesse était complètement inattendue (et inespérée) je me suis retrouvée seule tout de suite et j'ai pris la décision d'accepter ce cadeau que la vie m'a apporté.


Je ne vais pas vous mentir et dire que j'ai eu une super grossesse car ce n'est pas le cas, être seule dans un moment si sensible dans la vie d'une femme qui plus est atteinte d'une maladie telle que l'endométriose ce n'était pas quelque chose de facile.


Dés le départ, je ne me suis pas bercée d'illusions, je savais que ma grossesse était à risque et les gynécologues qui me suivaient ont surveillés ma grossesse comme le lait sur le feu. J'avais des prises de sang tous les 15 jours et des échographies tous les mois.


Au niveau du ressenti de la grossesse, en plus de ce contexte si particulier, c'était compliqué de différencier les douleurs normales de grossesses du type contractions et les douleurs liées à l'endométriose.

En presque 9 mois j’ai pris 25 kg, j'ai su plus tard que c'était un des symptômes de la pré-éclampsie, le syndrome que j'ai commencé à développer une semaine avant mon entrée dans le neuvième mois.

Après une semaine sous haute surveillance, j’ai du subir une césarienne en urgence. Dieu merci, ma fille cette petite force de la nature était en pleine forme et c'était le plus important à mes yeux.


Suite à mon accouchement, contrairement à certaines qui ont eu leur état de santé lié à l'endométriose s'améliorer, j'ai eu très peu de répit et l’endométriose est revenue à mon retour de couche et depuis elle ne cesse de flamber en puissance.


Je ne sais pas si c'est la fatigue, si c'est mon organisme, le stress de ma situation, je ne sais pas. Encore une fois, je vous partage mon expérience, n'oubliez pas que nous sommes toutes différentes !


Pour la suite, je ne vais pas vous mentir non plus, être parent quand on a une maladie chronique et invalidante de surcroit en solo, je vous laisse imaginer que ce n'est pas un long fleuve tranquille.


Il m’a fallut un temps d’adaptation, avoir un enfant seule quand on a une maladie chronique invalidante c’est tout une organisation, peu de temps pour soi, beaucoup de fatigue alors que nous sommes avec l'endométriose déjà beaucoup fatiguées…

Mais la vérité, c’est que plus je faisais connaissance avec mon enfant, plus l’amour inconditionnel que je lui portais me donnais la force de me battre contre toutes les difficultés.


Pour gérer la situation, je me suis adaptée autant que possible, étant seule avec ma fille, je n'ai plus pris mes anti-douleurs car je ne voulais pas être "stone", j'ai du prendre sur moi et trouver d'autres alternatives pour alléger mes souffrances.

Dès que j’en avais l’occasion je filais dormir, je me suis économisée dès que je le pouvais, j’ai aussi suivi en parallèle une psychothérapie car j’avais besoin aussi d’évacuer l’abandon mais aussi me préparer aux futures questions de ma fille sur la maladie et sur son papa absent.


J’ai eu de grands moments de solitude, il m’est arrivé d’en pleurer, mais j’ai aussi reçu de l’amour comme jamais j’en avais reçu dans ma vie, un amour que je ne connaissais pas : un amour inconditionnel. Ma fille vient d'avoir 6 ans et elle est le soleil de ma vie et je souhaite à toutes celles qui sont en projets bébé de connaitre ce bonheur un jour que ce soit seule ou accompagnée.

Une chose est sure c’est que ne regrette rien et que si c'était à refaire je le referais.


Vous remarquerez que je parle au passé des passages difficiles, parce que le plus dur a été les premières années de ma fille quand elle n’était pas autonome et ne faisait pas ses nuits.

Aujourd’hui, il y a toujours des moments difficiles mais ils sont plus facilement gérables car je peux en parler avec elle lui expliquer les choses.


Avoir un enfant quand on est malade de l'endométriose c'est aussi beaucoup de soucis.

C’est se faire opérer et devoir gérer une organisation millimétrée pour que l'enfant ne soit pas perturbé, et surtout SURTOUT ne pas pouvoir dire dans combien de dodo on va revenir... avoir peur de ne pas revenir...

Souvent, je suis partie 15 dodos me faire opérer.... je suis même repartie à l’hôpital en urgence alors que je venais de revenir.... heureusement que je suis bien entourée avec ma famille et mes proches.

Je n'ai jamais autant pleuré à chaque opération depuis que j'ai ma fille, parce que j'avais peur pour elle, plus que pour moi.


Avoir un enfant quand on est malade de l'endométriose c'est aussi ne pas pouvoir le porter quand il commence à peser un peu trop lourd, ne pas pouvoir se baisser pour lui apprendre à faire du vélo... quelqu'un d'autre devra s'en charger. Tout cela est très culpabilisant. Mais avec le temps j'ai compris que ma fille a toujours vécu comme ça, et que du coup elle n'en souffre pas autant que je ne le pense. Nous avons développé une belle complicité, nous avons compensé certains manques en développant d'autres choses, elle ira faire des activités physiques avec papy et mamy, avec maman ça sera plus des activités manuelles. (ça tombe bien maman n'est pas une sportive mais plutôt une artiste :)


Aujourd'hui je ne peux plus avoir d'enfants car j'ai subi une hystérectomie et une annexectomie l'année dernière et croyez-moi tout mes choix prennent une autre dimension.

Merci à Rose-Héléna pour tout le courage qu'elle m'apporte jour après jour, pour son courage aussi, c'est une battante depuis le début de son existence.

Elle me donne aussi beaucoup de force dans mon quotidien, je me bats pour moi, je me bats pour elle aussi.

Elle aura peut-être elle aussi cette saleté de maladie et j’espère qu’il y aura enfin une prise en charge adéquate pour les génération à venir.


L'association La Belle et l'endo c'est aussi pour elle, pour les générations futures, pour qu'elles ne vivent pas ce que j'ai vécu il y a 16 ans. et j’aimerai que la recherche avance enfin !


Pour soutenir l'Association La Belle et l'endo et ses actions de sensibilisation à l'endométriose vous pouvez soit faire un don soit acheter un des articles de la boutique faits avec amour !



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